Le conducteur chrétien selon Paul

 

Auteur : HIEBERT, D. Edmond

Tiré du module : La personnalité spirituelle du responsable selon les épîtres de Paul
(collection Responsable, série Caractère)

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Si l’on veut trouver l’image que la Bible trace d’un conducteur spirituel, on pense tout naturellement à l’apôtre Paul, l’un des conducteurs les plus efficaces de toute l’histoire de l’Église. L’Écriture rapporte des exemples frappants de tout ce qu’il a accompli, et ses épîtres donnent assez de renseignements pour que nous saisissions qu’elle était sa conception du caractère et du travail du conducteur chrétien. C’est surtout dans ses épîtres pastorales qu’il révèle sa pensée sur la nature et la fonction d’un tel homme. Quand il a écrit ces lettres à Timothée et à Tite, ceux-ci occupaient à ce moment-là des postes de direction importants dans certaines Églises.

Bien que l’appellation courante d’« épîtres pastorales » ne soit pas tout à fait exacte, ces lettres offrent des directives importantes à tous ceux qui sont dans le ministère pastoral. Mais puisque ni Timothée, ni Tite n’étaient des pasteurs (et encore moins des évêques) dans l’acception moderne de ces termes, il est tout à fait justifié d’utiliser ces lettres pour essayer de définir les qualifications des conducteurs spirituels qui ne remplissent pas nécessairement la fonction de pasteur. Dans l’œuvre du Seigneur, le poste particulier qu’ils occupent ne change rien aux qualifications qui sont requises de tous ceux qui sont engagés dans le service chrétien. (Cette affirmation peut être vérifiée en comparant les similarités entre les qualifications des évêques et celles des diacres dans 1 Timothée 3.1-3.)

Le but de cet article est de découvrir les qualifications bibliques pour ceux qui occupent des postes de direction dans l’Église chrétienne. Nous allons le faire en faisant l’exégèse des sept images du conducteur spirituel que Paul présente dans le deuxième chapitre de sa seconde lettre à Timothée.

Un enseignant

 « Et ce que tu as entendu de moi en présence de beaucoup de témoins, confie-le à des hommes fidèles, qui soient capables de l’enseigner aussi à d’autres » (2 Tim 2.2)[i].

Bien que le substantif « enseignant » ne se trouve pas dans ce verset, son contenu, et l’infinitif didakai (« enseigner ») qui s’y trouve, établissent sans possibilité d’erreur que Paul parle là d’un enseignant. Le fait que cette image soit la première dans la série que Paul utilise indique qu’il reconnaît l’importance de l’enseignement pour l’avancement de la foi chrétienne. Cela faisait partie de son propre travail apostolique en ce qui concerne l’Évangile (2 Tim 1.11). Dans ses deux épîtres à Timothée, Paul stipule que l’ouvrier chrétien doit être « capable d’enseigner » (1 Tim 3.2 ; 2 Tim 2.24).

L’enseignant chrétien doit premièrement être un étudiant appliqué, qui a reçu et assimilé fidèlement l’instruction qui lui a été donnée. Cela est sous-entendu par les mots « ce que tu as entendu de moi ». Les mots par émou (« de moi ») rappellent à Timothée l’autorité de la source d’où il a reçu son instruction. Le « ce » qu’il a entendu de Paul, c’est la totalité de la prédication et de l’enseignement que celui-ci a faits en sa présence en de nombreuses occasions. Il a entendu Paul dire ces choses dia pollôn marturôn (« en présence de beaucoup de témoins »). Ces témoins peuvent non seulement confirmer que Paul a bien enseigné ces choses, mais également qu’elles étaient la vérité de Dieu. La confiance de Timothée pour ceux qui l’avaient enseigné l’avait également convaincu que ces choses étaient vraiment la vérité de Dieu (2 Tim 3.14,15).

La mention de tous ces témoins en présence desquels Paul avait enseigné Timothée attestait le fait qu’il ne s’agissait pas de doctrines ésotériques qui, elles, n’étaient enseignées qu’à un groupe restreint d’initiés. Les enseignants gnostiques, qui commençaient alors à troubler l’Église, prétendaient posséder de telles traditions apostoliques secrètes sur lesquelles ils basaient leurs points de vue dissidents. Mais l’Église orthodoxe niait l’existence de tels enseignements ésotériques, et elle affirmait que tout l’enseignement chrétien était public et ouvert à tous les chrétiens. Les conducteurs chrétiens rejetaient avec la plus grande énergie les prétentions des gnostiques à l’effet qu’il existait un enseignement qui avait été communiqué en secret aux croyants. Il n’y a rien de secret ni de restreint à certains initiés dans le message que l’enseignant chrétien doit communiquer. L’Évangile est une précieuse révélation de Dieu qui est offerte et accessible à tous. Les épîtres pastorales insistent fortement sur l’importance d’un enseignement sain (1 Tim 1.10, 2 Tim 1.13, 4.3, Tite 1.9‑13; 2.1).

La diligence dont avait fait preuve Timothée dans son apprentissage, le qualifiait pour enseigner de nouveaux ouvriers. En effet, Paul lui dit que ce qu’il a appris de lui, il faut qu’il « le confie à des hommes fidèles ». Le mot tauta (litt. : « ces choses ») indique qu’il devait enseigner à d’autres ce que lui-même avait entendu. Il n’avait pas pour tâche de développer une doctrine nouvelle et différente, mais de transmettre fidèlement le message qu’il avait reçu. Selon 2 Timothée 1.14, ce message était tên kalên parathêkên (« le bon dépôt  ») qui lui avait été confié. Tout message qui était contraire à ce bon dépôt ne pouvait pas être le bon. Lenski a fait remarquer justement qu’« il est évident que l’apôtre ne s’attendait pas à ce que les futurs enseignants de l’Église produisent un enseignement nouveau ou différent. L’Évangile est le même pour toutes les époques »[ii].

Ce message immuable de l’Évangile, Timothée doit « le confier à des hommes fidèles ». Le mot parathou (« confier ») fait penser à la façon dont on confie un dépôt précieux à quelqu’un. Ceux à qui l’on confie ce message doivent être des hommes « fidèles » (pistois), fiables et dignes de confiance. Ils doivent être des gens « qui ne se laisseront pas détourner du droit chemin par crainte ou par avantage personnel, et qui ne feront pas de compromis avec l’esprit qui régnera dans le monde à l’époque à laquelle ils vivront »[iii]. Il ne faut pas qu’ils traitent le message à la légère.

Ceux qui reçoivent l’enseignement doivent être « capables de l’enseigner aussi à d’autres ». La tâche essentielle de Timothée était la multiplication des prédicateurs de l’Évangile. La nature même de la foi chrétienne demande qu’elle soit propagée, et, pour cela, il faut des ouvriers formés à qui l’on a confié le divin message, et qui sont prêts à le communiquer à leur tour à d’autres. Le terme « autres » (étérous) inclut certainement les enseignants officiels de l’Église, mais ne se limite pas à eux. Ces autres doivent à leur tour communiquer le message à d’autres. « La torche de la lumière divine doit être passée bien ardente d’une génération à l’autre.[iv] »

Nous avons là l’image du christianisme qui se perpétue par un ministère d’enseignement bien fait et continu, et qui maintient siècle après siècle le message apostolique dans sa foi et sa pratique. C’est cela la véritable « succession apostolique ». Comme le fait remarquer Barclay : « l’enseignant fidèle de la doctrine chrétienne est un maillon de la chaîne vivante qui remonte du présent jusqu’à Jésus-Christ »[v]. Comme enseignant de l’Évangile, le conducteur chrétien fait partie d’une glorieuse tradition ; il a l’énorme responsabilité d’être fidèle au message rédempteur de Dieu qui lui a été confié.

Dans la première image que Paul utilise pour dépeindre le conducteur spirituel, il fait ressortir au moins trois qualités essentielles : 1) il doit être un étudiant assidu du message biblique et être bien au courant de son enseignement ; 2) il doit être loyal et fidèle envers le message divin que l’Église de Dieu a reçu ; 3) il doit être activement engagé dans la formation et le perfectionnement de nouveaux ouvriers, ce qui est une étape essentielle au développement continuel de l’Église.

Un soldat

 « Souffre avec moi comme un bon soldat du Christ-Jésus. Il n’est pas de soldat en campagne qui s’embarrasse des affaires de la vie, s’il veut plaire à celui qui l’a enrôlé » (2 Tim 2.3,4).

L’image du soldat était une des favorites de l’apôtre Paul, et elle a souvent été utilisée dans l’Église primitive. Bien que cette comparaison puisse s’appliquer à tous les chrétiens, Paul sentait qu’elle était particulièrement appropriée pour présenter à Timothée ce qui est exigé du conducteur chrétien.

L’exhortation « souffre avec moi comme un bon soldat du Christ-Jésus » appelle Timothée à être prêt à accepter sa part des difficultés de la vie d’un conducteur spirituel. Le soldat chrétien n’est pas toujours appelé à souffrir, mais comme « un bon soldat » il doit être prêt et d’accord pour le faire, puisqu’il a juré une loyauté sans limites à son Sauveur et Seigneur.

Cependant, comme un bon soldat, il sait qu’il n’est pas tout seul à combattre pour le Seigneur ; il s’est joint à « la compagnie des consacrés », cette noble bande de guerriers, qui sont unis sous la bannière de leur victorieux Conducteur. Paul indique cette participation à la souffrance par le verbe composé sugkakopathêson, qui signifie « souffrir un mauvais traitement avec ». La Version en français courant met pour ce texte : « prends ta part de souffrances », tout comme J. N. D. Kelly[vi]. Ce terme exprime le fait que le travail du conducteur spirituel n’est pas une activité facile de laisser-aller. Au contraire, comme le dit Plummer, elle « exige le sacrifice de soi, l’endurance, la discipline, la vigilance, l’obéissance, l’acceptation de la coopération avec les autres, la sympathie, l’enthousiasme et la loyauté »[vii]. Un homme qui accepte un tel engagement démontre certainement qu’il est consacré.

Paul fait aussi remarquer que la mission du soldat exige un détachement de tout ce qui pourrait empêcher son obéissance la plus complète aux ordres de son commandant (v.4). Les mots « pas de soldat en campagne » ne présentent pas le soldat en permission ou dans ses quartiers d’hiver, mais en pleine activité sur la ligne de feu. Bien conscient de ce que la vie du conducteur spirituel est un combat constant, Paul donne une image qui ne présente pas tellement la férocité de l’ennemi, mais plutôt la consécration sans réserve du soldat à la tâche qu’il doit accomplir.

Comme un soldat en campagne, il ne faut pas qu’il « s’embarrasse des affaires de la vie ». Le soldat romain évitait tout contact avec les affaires quotidiennes du commerce afin de pouvoir librement obéir aux ordres de son commandant. Engagé dans une bataille spirituelle, le soldat chrétien doit, lui aussi, se concentrer sur son travail ; il ne peut pas partager son temps et son intérêt avec une occupation secondaire qui nuirait à la façon dont il remplit sa première responsabilité. Paul ne veut pas dire par là que l’ouvrier chrétien ne peut jamais accomplir un travail séculier, ou « faire des tentes » (Act 18.3). Il veut plutôt dire qu’il doit faire attention de ne pas être tellement engagé dans de telles activités qu’il ne se sent plus libre de se donner entièrement à son service chrétien. En loyal soldat de Jésus-Christ, il peut « se sentir obligé de rejeter certaines choses, certaines habitudes, certaines distractions, certains intérêts, certaines façons de faire des affaires, et même certains amis — pas nécessairement parce que ces choses sont mauvaises en elles-mêmes, mais parce qu’elles risquent d’être un piège ou un attachement »[viii] pour lui.

Le conducteur spirituel qui veut être efficace rejette délibérément un tel attachement, parce qu’« il veut plaire à celui qui l’a enrôlé ». Son ambition suprême est de recevoir les félicitations de son céleste Commandant. Dans le texte grec, les mots « celui qui l’a enrôlé » viennent avant le verbe, ce qui insiste sur le fait que le premier souci de Paul était de plaire à ce Commandant plutôt qu’à n’importe quel être humain. Et cet effort pour « plaire » à celui qui l’a enrôlé signifie « plaire en servant bien »[ix]. Obtenir l’approbation céleste : « Bien, bon et fidèle serviteur ! », est un but élevé qui exige du serviteur « son âme, sa vie, son être tout entier ». On peut vivre pour se plaire, ou pour plaire aux autres, mais ce que doit désirer par-dessus tout le conducteur chrétien, c’est de plaire à Christ.

Si l’on résume l’enseignement suggéré par cette deuxième image, on voit au moins trois autres qualités nécessaires au conducteur spirituel : 1) c’est quelqu’un qui a entendu l’appel du Seigneur pour le servir, et il a pleinement fait sienne la bataille que mène son Seigneur ; 2) il est prêt à accepter les difficultés et les souffrances qui découlent de cet appel ; 3) son but suprême, c’est d’obtenir l’approbation de Christ pour le service qu’il accomplit pour lui.

 

Un athlète

 « Et l’athlète n’est pas couronné, s’il n’a pas combattu suivant les règles » (2 Tim 2.5).

Paul tire sa troisième image du conducteur spirituel des épreuves d’athlétisme qui avaient une place proéminente dans la vie gréco-romaine. Cette image d’un compétiteur aux jeux est une autre image favorite de Paul. Bien qu’il l’utilise ailleurs pour parler de tous les chrétiens (1 Cor 9.25), il l’utilise ici en particulier pour le conducteur spirituel. Se basant sur une comparaison entre le langage de Paul dans ce verset et celui de l’écrivain antique Galien (m. en 210 env.), Simpson croit que Paul fait allusion à l’athlète professionnel, pas à l’amateur[x]. Cela rend encore plus valable pour le conducteur spirituel cette image qui parle d’efforts sérieux. Tout comme l’athlète professionnel, qui est totalement absorbé par ce qu’il fait pour réussir, le conducteur spirituel ne peut pas accomplir sa tâche avec mollesse et indifférence, mais il doit se concentrer sur elle.

Paul ne dit rien ici de la farouche compétition qui existe entre les compétiteurs, puisque son but est d’insister sur l’autodiscipline qui est nécessaire à chacun d’eux. Celui qui participait aux jeux ne pouvait pas gagner s’il n’en avait pas respecté les règlements. Il fallait qu’il se soumette à toutes les conditions reliées aux épreuves. Les compétiteurs des jeux devaient se soumettre d’abord à de rigoureuses règles d’entraînement avant de pouvoir s’inscrire aux épreuves, puis ils devaient combattre en respectant tous les règlements de celles-ci. On s’est demandé si Paul faisait également allusion aux exigences préparatoires, ou s’il ne pensait qu’aux règlements imposés durant les épreuves. Les avis sont partagés ; mais d’après le contexte, il semble que Paul ne pense pas ici à ce qui vient avant, mais aux terribles exigences des épreuves elles-mêmes. Si un athlète finissait gagnant, mais qu’il avait enfreint l’un des règlements des épreuves, il était disqualifié et payait une amende.

L’image qu’utilise Paul fait voir que, comme un athlète, le conducteur spirituel doit être un homme d’autodiscipline rigide, qui respecte strictement toutes les règles qui gouvernent le travail qu’il fait. Il doit fidèlement les respecter, quel que soit le sacrifice que cela lui demande. Comme l’a dit Van Oosterzee, le conducteur spirituel « n’ose pas se dispenser arbitrairement de telle ou telle partie de sa tâche, ou même diriger ses efforts selon sa propre volonté, ou le penchant de son cœur : son seul critère est la volonté du Seigneur »[xi]. Il doit s’imposer rigoureusement l’utilisation de méthodes qui sont droites et justes, et ne doit rien faire que le divin Arbitre condamnerait. Il doit poursuivre sa tâche « non seulement pour accomplir ce que Dieu veut, mais également par des moyens que Dieu approuve »[xii].

Les compétiteurs des épreuves sportives supportent volontairement les exigences rigides qu’on leur impose parce qu’ils veulent remporter le prix. Leur autodiscipline les rend capables d’être victorieux dans l’épreuve. De la même façon, le conducteur spirituel accepte joyeusement les difficultés et les luttes présentes pour terminer la course victorieusement et remporter le prix céleste. L’espérance de la récompense à venir est pour lui une réalité qui le soutient et le fortifie. L’ami d’un pasteur qui avait eu à supporter des persécutions particulièrement dures et des accusations injustes lui demandait comment il avait pu supporter tout cela. Il a répondu : « je vis toujours avec la pensée de l’éternité. »

On voit deux qualités importantes pour le conducteur chrétien dans l’image de l’athlète. Premièrement, il doit avoir beaucoup d’autodiscipline, et il doit vouloir et pouvoir conformer ses activités aux exigences de la vérité et de la justice. Deuxièmement, il doit être motivé par l’espérance de la récompense à venir pour le service fidèle qu’il accomplit maintenant.

Un agriculteur

 « Le laboureur qui peine doit être le premier à recueillir le fruit » (2 Tim 2.6). 

L’agriculture est une occupation de première importance, mais elle n’a pas d’attraits spectaculaires ou particulièrement séduisants. C’est le travail ardu de l’agriculteur qui est le point central de cette image. Le participe kopiônta (traduit « qui peine ») décrit un travail dur, fatigant et épuisant. Certains ignorants peuvent avoir l’illusion que l’agriculteur se contente de s’asseoir sous sa vigne ou son figuier, et d’attendre que les fruits lui tombent dans le tablier ; mais quiconque sait quelque chose de l’agriculture sait que pour qu’il y ait du fruit, il doit y avoir d’abord un travail ardu et épuisant.

L’image met évidemment en lumière le fait que le ministère chrétien est un travail ardu. Stott dit : « Cette notion que le service chrétien est ardu est si impopulaire dans certains cercles de chrétiens insouciants d’aujourd’hui, que je me sens obligé d’insister sur le fait qu’il l’est »[xiii]. Il est clair que pour Paul l’acceptation du travail ardu était une caractéristique normale du conducteur spirituel. C’est dans le cœur des hommes, que le conducteur chrétien sème la Parole de Dieu, et c’est là qu’est produit le fruit de son travail. Le travail n’est jamais facile, mais c’est à cause de la promesse d’une récolte que l’ouvrier du Seigneur peine à sa tâche exigeante.

Mais le point central de l’image que Paul utilise, est que l’ouvrier chrétien reçoit déjà maintenant une récompense pour son travail. À cause de son travail persistant, l’agriculteur « doit être le premier à recueillir le fruit ». Le verbe « doit » (déi) indique que sa participation au fruit est une nécessité morale. Par la nature même de son travail, l’agriculteur produit la nourriture des autres. Mais s’il ne retire lui-même rien de la récolte qu’il produit, il ne sera pas agriculteur bien longtemps. L’ouvrier chrétien peine pour produire de la nourriture pour les autres par son étude et son enseignement de la Parole de Dieu. Mais pour rester spirituellement efficace, il doit d’abord nourrir sa propre vie spirituelle du fruit qu’il produit.

Dans 1 Timothée 4.16, Paul fait à Timothée la recommandation suivante : » Veille sur toi-même et sur ton enseignement. » L’ordre des termes est important : « toi-même [...] ton enseignement ». L’ouvrier chrétien a donc le devoir et l’avantage d’être le premier à profiter du fruit de son travail. Il doit être prêt à faire un travail dur et difficile pour remplir son devoir. Mais il a également la récompense d’être le premier à nourrir sa vie spirituelle des résultats de ce travail. Il y a une récompense pour la peine prise au service du Seigneur, dans ce monde et dans l’autre. Le chrétien fidèle reçoit pour son travail une bénédiction qui dépasse tout ce que le monde a de mieux à offrir.

La quatrième image que Paul utilise, celle de l’agriculteur, présente deux qualités qui sont nécessaires au conducteur spirituel. Il doit être prêt à entreprendre un travail difficile et ardu pour accomplir son devoir. Mais il doit aussi s’assurer de nourrir sa propre vie spirituelle des résultats de ce travail.

 

Un ouvrier

 « Efforce-toi de te présenter devant Dieu comme un homme qui a fait ses preuves, un ouvrier qui n’a point à rougir et qui dispense avec droiture la parole de la vérité » (2 Tim 2.15).

Paul utilise cette image de l’ouvrier dans le contexte de la nécessité de barrer la route à la fausse doctrine dans la communauté chrétienne. S’il doit s’opposer à la fausse doctrine, il faut que Timothée démontre d’abord par son propre exemple ce qu’est un véritable ouvrier chrétien, de même que ce qu’il fait. Il doit éviter les disputes de mots qui ne servent à rien, que Paul a mentionnées au verset précédent. Dans son opposition à ces disputes, l’ouvrier chrétien doit influencer les autres par son bon exemple personnel.

On ne sait pas à quel métier Paul pensait lorsqu’il a utilisé cette image d’un « ouvrier ». La définition première du mot égratên est « quelqu’un qui travaille pour un salaire ». Cela sous-entend qu’il travaille sous la direction de quelqu’un d’autre et que son employeur peut inspecter le travail qu’il fait. Le mot était couramment employé pour désigner des ouvriers agricoles ; mais il désignait également ceux qui pêchaient, construisaient, ou fabriquaient une chose ou l’autre. Mais le point important de l’image n’est pas les capacités particulières qui sont nécessaires à l’ouvrier, mais sa diligence à faire son travail à la satisfaction de son employeur. De plus, le fait que le verset soit une exhortation communique l’idée que pour produire une telle satisfaction il faut un effort sérieux et soutenu. La phrase « efforce-toi de te présenter devant Dieu comme un homme qui a fait ses preuves » résume ce que doit être toute la vie de l’ouvrier. L’impératif aoriste du verbe spoudason (traduit « efforce-toi ») résume en un mot tous les efforts nécessaires. Pour atteindre ce but, il faut des efforts constants, sérieux et sincères.

Ce que l’ouvrier recherche dans toute son activité, c’est d’être approuvé par Dieu. Plummer fait remarquer que la poursuite d’un but si élevé assure l’« effort sans méticulosité exagérée, et l’enthousiasme sans fanatisme »[xiv]. L’ouvrier n’est pas indifférent à l’approbation des hommes, mais son premier souci est de recevoir l’approbation divine. Le mot séauton (traduit « te  ») insiste sur la personnalité et sous-entend que le caractère de l’ouvrier qui est approuvé sera déterminé par la qualité de son travail. L’adjectif dokimon (traduit « qui a fait ses preuves ») montre que l’ouvrier « a bien fait son travail et peut donc le soumettre à son employeur sans hésitation ni honte »[xv].  Ainsi, le conducteur spirituel doit vivre en étant conscient que tout son travail est soumis à l’inspection de Dieu. Dieu est constamment conscient de la qualité du travail du croyant.

De la question de l’approbation divine sur son travail, la pensée de Paul se tourne vers celle de l’ouvrier lui-même qui est soumis à l’inspection de Dieu. Pour lui, son souci doit être d’être « un ouvrier qui n’a pas à rougir ». Il veut éviter la honte de voir son travail rejeté. Scott fait remarquer qu’« il n’y a pas de pire honte que celle d’être considéré incompétent dans son travail, et cela est vrai de l’enseignant chrétien comme de tout ouvrier »[xvi].

 « Qui dispense avec droiture la parole de la vérité » : voilà qui décrit bien le genre d’activité qui va obtenir l’approbation divine. « La parole de la vérité, » c’est tout le message de l’Évangile, tel qu’on le trouve dans l’Écriture. Hendriksen fait remarquer que « les mots "de la vérité" insistent sur le contraste qu’il y a entre, d’un côté, la révélation particulière immuable de Dieu, et de l’autre, "les disputes de mots qui ne servent à rien" des faux docteurs d’Éphèse »[xvii]. Paul présente clairement la nature et la fonction de « la parole de la vérité » dans 2 Timothée 3.16,17. Sa nature divine exige qu’elle soit dispensée avec droiture. « Une matière qui est droite doit être dispensée avec droiture »[xviii].

Les mots « qui dispense avec droiture » rendent le participe grec orthotomounta ; et celui-ci a été le sujet de bien des discussions. Il s’agit d’un verbe composé dont le sens premier est « coupant droit ». On en a déduit qu’il évoquait un laboureur traçant un sillon droit, un maçon faisant une arête droite à une pierre, un ouvrier traçant un chemin droit, ou même un prêtre coupant proprement l’animal du sacrifice. L’idée selon laquelle Paul avait pris cette illustration de son propre métier semble plausible. C’est le seul endroit où l’on trouve ce mot dans tout le Nouveau Testament ; mais on le trouve deux fois dans la traduction des Proverbes de la Septante, les deux fois en rapport avec le mot « voie ». Nous lisons dans Proverbes 11.5 : « La justice de l’homme intègre rend droite sa voie » (voir également Pr 3.6). Ainsi, les lexicographes Arndt et Gingrich pensent que le sens le plus probable est de « guider la parole de la vérité sur une voie droite (une voie qui va droit au but), sans la laisser être détournée par les disputes de mots et les propos impies »[xix].

Il est possible que pour Paul l’idée de couper est secondaire, et qu’il insiste surtout sur l’adjectif orthos (« droit »), pour indiquer que l’Écriture doit être maniée avec droiture et honnêteté. Ce point de vue appuie la traduction « qui dispense droitement ». Ce qu’il faut, c’est une présentation consciencieuse et sans détours de la Parole elle-même. C’est cela que doit faire l’enseignant qui veut paraître pur au jugement de Dieu, plutôt que toutes les interprétations tortueuses, ou les prouesses d’ingéniosité faites dans des buts inavoués, [...] il doit avancer dans l’interprétation de la Parole de Dieu, en respectant son intégrité, et en l’appliquant à la grande œuvre spirituelle pour laquelle elle a été donnée[xx].

Le conducteur spirituel reconnaît que la Parole de Dieu a ses propres divisions, et il l’applique en accord avec l’intention divine. Toute manipulation de la Parole sera certainement condamnée par Dieu au jour du jugement.

L’image de l’ouvrier du Seigneur met en lumière deux qualifications nécessaires au conducteur spirituel. Il doit toujours se rappeler qu’il est comptable à Dieu et qu’il doit rechercher son approbation sur son travail. Il doit utiliser la Parole de Dieu, ce qui est central dans son travail, avec le respect qu’elle mérite, sans la changer, l’amputer ou la déformer.

Un vase

 « Si donc quelqu’un se purifie, il sera un vase d’un usage noble, sanctifié, utile à son maître, propre à toute bonne œuvre » (2 Tim 2.21).

Avec cette image impersonnelle, l’attention est attirée sur la qualité de caractère du conducteur pour son utilité au service du Seigneur. La séparation de l’impureté, et la sainteté intérieure, sont essentielles à l’acceptation au service de la cause de Christ. Cette nécessité découle du mélange qui existe au sein de la chrétienté, que Paul décrit au verset 20 comme « une grande maison » dans laquelle il y a toutes sortes de récipients de valeur et d’utilisation différentes. Le mélange était évident dans les activités d’Hyménée et de Philète (v.17) qui prétendaient être des enseignants de la doctrine chrétienne. Jésus a déjà prédit ce mélange dans sa parabole du blé et de l’ivraie (Matt 13.24-30, 36-43).

Le mot skéuos, traduit « vase », peut signifier une jarre, un vaisseau ou un plat ; mais le terme est plus général et s’applique à n’importe quel récipient domestique, et même à n’importe quel ustensile. Dans la pensée de Paul, les deux sortes de récipients représentent clairement les vrais et les faux docteurs que l’on trouve dans l’Église qui se dit chrétienne. Puisque les deux classes professaient être soumises au Seigneur de l’Église, le monde les considérait toutes deux comme faisant partie de cette Église. Cette situation nécessitait donc que le conducteur spirituel « se purifie » (v.21), qu’il se sépare des vases d’« usage vil » (v.20), de leur enseignement hérétique et de leur mauvaise influence.

Dans des conditions comme celles-là, il faut absolument que le conducteur chrétien « se purifie » clairement, en se séparant de ces enseignants hérétiques et de leurs doctrines. Le verbe ékkatharê (« purifie ») insiste sur la perfection de la séparation. Il est question bien sûr d’une séparation morale intérieure, mais l’idée complète inclut une séparation qui refuse toute communion avec de tels ennemis des vérités fondamentales de la foi. La forme conditionnelle de l’affirmation de Paul laisse incertaine la réaction de chacun, mais sous-entend l’attente d’une soumission à la condition exprimée.

Une telle purification permet au conducteur spirituel de rester « un vase d’un usage noble ». Il est un vase que le Seigneur de la maison peut utiliser à des usages nobles. « D’un usage noble » (éis timên) est l’évaluation que fait le Seigneur, pas celle que le vase fait de lui-même. Comme le dit Barclay : « Aucun chrétien ne devrait présumer de se consacrer lui-même à un usage noble ; il ne doit penser qu’à se consacrer au service »[xxi].

Paul ajoute trois termes qui décrivent encore mieux un tel vase. Premièrement, il est « sanctifié » (êgiasmenon), mis à part et pleinement consacré au service de son Seigneur. Le temps parfait utilisé dans le texte original indique une condition permanente. Par l’opération de l’Esprit qui habite en lui, il est saint dans sa position et dans son expérience.

Deuxièmement, il sera « utile à son maître ». L’adjectif éurchêston (« utile ») signifie « bien utilisable, facile à employer ». Le maître trouve donc en son serviteur un vase qui est disponible et parfait pour ce qu’il veut en faire. Le mot déspotês (« maître ») désigne quelqu’un qui a la possession et l’autorité absolue. C’est le Seigneur souverain qui est le seul propriétaire de ses serviteurs et qui détermine quelles sortes de vases il veut en faire.

Troisièmement, il est « propre (êtoimasménon) à toute bonne œuvre » — pleinement formé, et prêt à saisir chaque occasion de servir qui se présente. Il se tient constamment prêt pour toute activité bénéfique à la cause de son souverain Seigneur.

Cette image met en lumière deux qualités particulières qui sont nécessaires au conducteur spirituel. Premièrement, il doit se rendre bien compte de l’apostasie qui existe dans la chrétienté, et comprendre à quel point elle peut contaminer tout ce qui la touche. Deuxièmement, tout en évitant la contamination, il doit être pleinement disponible pour le service de son souverain Seigneur.

Un esclave

 « Il ne faut pas qu’un serviteur du Seigneur ait des querelles ; il doit au contraire être affable pour tous, propre à enseigner, doué de patience ; il doit redresser avec douceur les adversaires » (2 Tim 2.24,25a — Genève 1979).

Cette dernière image est de nouveau celle d’un être humain, mais un être humain qui est de condition humble : un « esclave ». Le terme doulon (traduit « serviteur » dans ce verset) est le terme grec commun pour désigner un esclave. L’absence d’un article défini indique que c’est la qualité de serviteur dont il est surtout question. Mais le génitif restrictif kurio (« le Seigneur ») indique qu’il s’agit d’une qualité par rapport à Dieu, et non pas d’un statut d’homme. En d’autres mots, l’idée présentée n’est pas que le conducteur chrétien doit être l’esclave de ceux envers qui il exerce son ministère. En tant qu’esclave du Seigneur, il reconnaît librement que c’est à lui qu’il appartient entièrement. Il doit manifester un fait qui est vrai pour tout chrétien : « vous n’êtes pas à vous-mêmes [...] vous avez été rachetés à grand prix » (1 Cor 6.19b,20). De plus, comme esclave du Seigneur, il se consacre, non à faire sa volonté, mais à conduire toutes ses activités selon la volonté de son Seigneur. À la lumière de ce qui suit, il est probable que Paul a été inspiré à choisir cette image par le passage d’Ésaïe 53 qui parle du « serviteur de l’Éternel ».

Le statut de l’esclave du Seigneur doit se manifester dans sa conduite, par ce qu’il fait et par ce qu’il ne fait pas. « Il ne faut pas qu’un serviteur du Seigneur ait des querelles. » « Faut » (déi) indique que c’est une obligation pour quelqu’un dans sa position. Il a l’obligation morale de ne pas être reconnu comme un querelleur, quelqu’un qui est porté à la contradiction et à la dispute. Il ne doit pas se lancer dans des controverses insensées qui ne produisent rien de bon. Mais cela ne signifie pas qu’il ne doit jamais faire de controverse lorsque la vérité de l’Évangile est attaquée. Il a le devoir de « combattre pour la foi » (Jude 3), mais il ne doit pas le faire par amour pour la controverse, et en la recherchant.

En plus de ces choses que le serviteur du Seigneur ne doit pas faire, Paul donne une description en quatre point de la façon dont il doit se comporter. Premièrement, il doit être « affable envers tous », c’est-à-dire le contraire de dur et irritable. Il doit être affable et doux dans son attitude pour « tous » ; pas seulement pour ceux qui le suivent fidèlement, mais également pour ceux qui ne l’aiment pas et s’opposent à lui. Comme le dit Woychuk, il doit « continuellement cultiver un esprit de courtoisie, tout en utilisant les meilleurs arguments possibles de l’armurerie de la vérité »[xxii].

Deuxièmement, dans ses relations avec les autres, il doit être didaktikon (« capable d’enseigner ») : être capable d’instruire et de conseiller chaque fois que l’occasion se présente, et être prêt à le faire. Comme le dit Barclay : « il doit non seulement connaître la vérité, mais être également capable de la communiquer »[xxiii].

Troisièmement, il doit être anéxikakon (« doué de patience » — litt. : « patient quand on le blesse »). Lenski traduit ce terme : « supporter le mal »[xxiv].  Lorsque ses efforts pour instruire ne rencontrent que le rejet, le mépris hostile ou le ridicule, il doit supporter ces blessures patiemment, sans colère et sans ressentiment. Barclay fait une remarque importante : « Il y a peut-être des péchés qui sont plus graves que la susceptibilité, mais il n’y en a aucun qui fasse plus de ravages dans l’Église chrétienne »[xxv].

Quatrièmement, « il doit redresser avec douceur (prautêti) les adversaires ». C’est une attitude nécessaire, s’il veut les faire sortir de leur hostilité et « des pièges du diable » pour les conduire à la vérité et au salut de Dieu.

Cette dernière image met en lumière deux qualités fondamentales du conducteur spirituel. Comme esclave du Seigneur, il doit accepter la volonté de son Maître céleste et s’y soumettre entièrement dans tout ce qu’il fait. Il doit également manifester une disposition bienséante et plaisante dans ses efforts pour aider spirituellement les autres.

En résumé

Nous avons considéré le portrait du conducteur chrétien que Paul présente dans 2 Timothée 2, où il le compare avec un enseignant, un soldat, un athlète, un agriculteur, un ouvrier, un vase, et un esclave. Toutes ces images nous donnent un portrait saisissant de la nature et de la fonction essentielles du conducteur consacré dans la communauté chrétienne. Nous n’avons pas épuisé l’examen des qualités évoquées par ces images ; et il ne faudrait pas croire non plus qu’elles présentent toutes les qualités désirables pour un conducteur spirituel choisi de Dieu. Mais il est évident qu’ensemble, elles présentent une image claire des qualités fondamentales qui sont nécessaires pour être efficace dans l’œuvre du Seigneur. Ces qualifications entrent dans le domaines de quatre relations que le conducteur spirituel entretient.

L’aspect fondamental de la plupart de ces images est la relation du conducteur avec Dieu. Ayant été appelé par le Seigneur, et ayant reçu de lui ses ordres de marche, il sait qu’il ne s’appartient plus à lui-même, mais qu’il appartient tout entier à son Maître céleste. Celui-ci l’a enrôlé dans le combat contre le péché et le diable, et il s’attend à ce qu’il se soumette, qu’il soit bien préparé et prêt à mener à bien sa mission. Puisqu’il a été appelé à faire progresser l’œuvre du Seigneur, une partie essentielle de sa tâche consiste à former et à équiper de nouveaux ouvriers. Il a des comptes à rendre à son Seigneur pour tout ce qu’il fait, et il recherche son approbation.

Le conducteur que Dieu approuve a également une relation étroite et positive avec les Écritures. Il conserve une loyauté indéfectible au message divinement inspiré, duquel il se nourrit pour faire progresser sa propre vie spirituelle. Il est très soucieux de présenter les Écritures avec exactitude, sans faire de changements, d’amputations ou de déformations. La loyauté qu’il a envers la Parole inspirée le rend très conscient du danger de dénaturer le message révélé. Il s’oppose à toute apostasie, et il est très sensible au danger qui découle d’un éloignement ou d’un rejet de la Parole divine.

Ayant été appelé par Dieu à conduire, il se rend compte de l’importance de ses relations avec les autres. Dans ces relations, il s’efforce d’utiliser l’influence de son exemple personnel et de son enseignement fidèle. Il cherche à conduire et à instruire ceux qui le suivent fidèlement ; mais il se préoccupe également de la récupération de ceux qui se sont égarés dans l’erreur. Il cherche à trouver parmi ceux qu’il guide et qu’il instruit les conducteurs à venir.

Dans sa relation avec lui-même, le conducteur spirituel doit être quelqu’un de bien discipliné. Il doit trouver naturel de travailler fort dans l’accomplissement de sa mission, et être prêt à endurer de l’opposition et la souffrance dans son combat contre les forces du mal. Il se consacre entièrement à accomplir la volonté de Dieu, et il est prêt à payer le prix d’un si noble engagement. En accomplissant ainsi ses devoirs, il connaît la joie du service fidèle, et il est inspiré par l’espérance de la récompense qu’il recevra lorsqu’il aura terminé sa tâche dans ce monde. Bien conscient des avantages et des responsabilités de sa mission, il désire constamment se présenter devant Dieu comme un ouvrier qui n’a aucune raison d’avoir honte.

 

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[i] Excepté où c'est indiqué autrement, les citations sont toutes tirées de la version Segond dite « à la Colombe ».

[ii] Lenski (R.C.H.), The Interpretation of St. Paul's Epistles to the Colossians, to the Thessalonians, to Timothy, to Titus, and to Philemon (Columbus, OH : Lutheran Book Concern, 1937), p. 790.

[iii] Woychuk (n. A.), An Exposition of Second Timothy, Inspirational and Practical (Old Tappan, NJ : Flemming H. Revell Co., 1973), p. 41.

[iv] Simpson (U.K.), The Pastoral Epistles (Grand Rapids : Wm. B. Eerdmans Publishing Co., 1954), p. 130.

[v] Barclay (William), The Letters to Timothy, Titus and Philemon, The Daily Study Bible (Édimbourg : Saint Andrew Press, 1956), p. 182.

[vi] Kelly (J. N. D.), A Commentary on the Pastoral Epistles, Harper's New Testament Commentaries (New York : Harper & Row, 1963), p. 171.

[vii] Plummer (Alfred), The Pastoral Epistles, An Exposition of the Bible (Hartford, CT : S. S. Scranton Co., 1903), p. 469.

[viii] Woychuk, Exposition of Second Timothy, p. 44,45.

[ix] Lock (Walter), A Critical and Exegetical Commentary on the Pastoral Epistles, The International Critical Commentary (Édimbourg : T. & T. Clark, 1924), p. 94.

[x] Simpson, The Pastoral Epistles, p. 132.

[xi] Van Oosterzee (J. J.), The Pastoral Epistles, Commentary on the Holy Scriptures, Critical, Doctrinal, and Homiletical, s. la dir. de Peter Lang, trad. : Edward Abiel Washburn et Edwin Harwood (Grand Rapids : Zondervan Publishing House, s.d.), p. 94. 

[xii] Woychuk, Exposition of Second Timothy, p. 49.

[xiii] Stott (John R. W.), Guard the Gospel: The Message of 2 Timothy (Downers Grove, IL : InterVarsity Press, 1973), p. 57.

[xiv] Plummer, The Pastoral Epistles, p. 475.

[xv] Kelly, The Pastoral Epistles, p. 183.

[xvi] Scott (E. F.), The Pastoral Epistles, Moffatt New Testament Commentary (Londres : Hodder & Stoughton, 1936), p. 109.

[xvii] Hendriksen (William), Exposition of the Pastoral Epistles, New Testament Commentary (Grand Rapids : Baker Book House, 1957), p. 262.

[xviii] Simpson, The Pastoral Epistles, p. 137.

[xix] Arndt (William F.) et Gingrich (F Wilbur), A Greek Lexicon of the New Testament and Other Early Christian Literature (Chicago : University of Chicago Press, 1957), p. 584. 

[xx] Fairbairn (Patrick), Commentary on the Pastoral Epistles, I and II Timothy, Titus (1874, réimpr. Grand Rapids : Zondervan Publishing House, 1956), p. 344.

[xxi] Barclay (Timothy), Titus and Philemon, p. 206.

[xxii] Woychuk, Exposition of Second Timothy, p. 91.

[xxiii] Barclay (Timothy), Titus and Philemon, p. 208.

[xxiv] Lenski, St. Paul's Epistles, p. 826.

[xxv] Barclay (Timothy), Titus, and Philemon, p. 208.

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