L'importance de l'engagement dans l'Église locale

Auteur : KUEN Alfred

Tiré du module : S'engager dans l'Église locale
(collection Disciple, série S'affermir dans la foi)

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L’engagement dans une Église locale

Aujourd’hui, beaucoup de chrétiens se demandent s’il est nécessaire et utile d’être membre d’une Église locale. Est-ce qu’on ne peut pas vivre sa vie chrétienne tout seul, en s’édifiant par la lecture de la Bible (et éventuellement d’autres livres chrétiens) ?

L’imperfection manifeste de toutes les Églises locales renforce cette idée. On s’évitera certainement bien des désagréments en ayant le moins de contacts avec elles. Mais un tel christianisme individualiste correspond-il au plan de Dieu ?

Les Églises qui nous apparaissent à travers les pages du Nouveau Testaments ont toutes des carences et des défauts : à Rome, il y a le parti des légalistes et celui des libertaires (Rom 14); à Corinthe, quatre fractions opposées s’affrontent ; en plus des erreurs doctrinales, on tolère des désordres moraux ; dans les Églises de la Galatie, on se déchire entre partisans et adversaires de la Loi; aux éphésiens, Paul est obligé de rappeler qu’un chrétien ne dérobe pas, ne s’enivre pas; à Philippes, des gens sont animés d’un « esprit de parti ou de vaine gloire » ; certaines femmes ne s’entendent pas ; à Colosses, des hérétiques sèment des idées philosophiques saugrenues, les chrétiens mystiques et ascétiques méprisent leurs frères à Thessalonique, des paresseux refusent de travailler et se font entretenir par les autres, il y a de la malhonnêteté et des désordres sexuels... Ainsi nous pourrions passer d’une Église à l’autre ; comme certaines personnes, en quête de l’Église parfaite : même dans les communautés apostoliques, nous ne la trouverions pas.

Mais cette imperfection des assemblées locales n’a pas retenu l’apôtre Paul de s’adresser à elles comme à « l’Église de Dieu » (2 Cor 1.1) « qui est en Dieu notre Père et en Jésus-Christ le Seigneur » (2 Thess 1.1) et d’y voir « l’édifice de Dieu » (1 Cor 3.9), « la maison de Dieu qui est l’Église du Dieu vivant, la colonne et l’appui de la vérité » (1 Tim 3.15). Les carences qu’il constatait ne l’ont pas empêché de créer de nouvelles Églises partout où des gens se convertissaient. jamais les apôtres n’ont encouragé les chrétiens à rester en dehors de l’assemblée locale parce que celle-ci était trop imparfaite. Du moment qu’elle était édifiée sur le principe de l’ekklésia, c’est-à-dire du rassemblement de ceux qui avaient quitté le monde pour suivre l’appel de Jésus-Christ, c’était une Église. Le défaitisme avait déjà des disciples aux temps apostoliques puisque, dans leurs lettres, les apôtres parlent de gens qui « sont sortis du milieu de nous » (1 Jean 2.19) et qu’ils exhortent : « N’abandonnons pas notre assemblée comme c’est la coutume de quelques-uns » (Hébr 10.25).

 

I) Pourquoi se joindre à une Église locale ?

 

1. Jésus-Christ lui-même a institué l’Église.

Refuser de faire partie d’une Église locale, c’est mépriser la Parole du Seigneur : « Je bâtirai mon Église ». Jésus n’a pas seulement pensé à l’Église universelle : si le chrétien qui a péché refuse d’écouter ses frères venus le trouver en particulier, « dis-le à l’Église » (Mat. 18) : il s’agit donc d’une réalité bien concrète et locale, aux contours précis, que l’on peut convoquer pour examiner un cas de discipline, qui peut se prononcer et exclure un de ses membres. Si elle peut exclure, elle doit donc logiquement aussi pouvoir admettre des membres.

Mépriser l’Église, c’est donc mépriser ce que le Seigneur lui-même a institué.

 

2. Le Saint Esprit a constitué l’Église.

À son départ, Jésus a recommandé à ses disciples de ne pas s’éloigner de Jérusalem (pour faire de toutes les nations des disciples) avant l’événement capital qui devait se produire le jour de Pentecôte : la venue du Saint-Esprit sur eux. Or, quelle fut la première œuvre de l’Esprit Saint après la conversion de trois mille personnes ? La constitution d’une Église avec toutes ses caractéristiques distinctives : enseignement, communion fraternelle, fraction du pain et prière (Actes 2.42). « Et le Seigneur ajoutait chaque jour à l’Église ceux qui étaient sauvés » (Actes 2.47).

 

Le but du Saint-Esprit n’est pas de laisser les croyants isolés, mais de les rassembler en un Corps, dans le Corps de Christ. « Nous avons tous été baptisés par un seul Esprit en vue de (eis) former un seul Corps » (1 Cor 12.13).

Mépriser l’Église, c’est donc mépriser ce que le Saint-Esprit a créé pour rassembler et édifier les croyants.

 

3. Les apôtres eux-mêmes étaient membres d’Églises locales

« Lorsqu’il se rendit à Jérusalem, Saul tâcha de se joindre à eux » (Actes 9.26) : devenir membre d’Église peut donc impliquer un effort de volonté. « Pendant toute une année, ils (Barnabas et Saul) se réunirent aux assemblées de l’Église » (Actes 11.26). « Il y avait dans l’Église d’Antioche des prophètes et des docteurs : Barnabas, Siméon... et Saul » (13.1). C’est là que le Saint-Esprit les prépare et les appelle à être envoyés au loin. Après leur voyage missionnaire, ils retournent à leur port d’attache.« Après leur arrivée, ils convoquèrent l’Église et racontèrent tout ce que Dieu avait fait avec eux... et ils demeurèrent assez longtemps avec les disciples » (Actes 14.27). « Paul et Barnabas demeurèrent à Antioche, enseignant et annonçant la Bonne Nouvelle de la Parole du Seigneur » (15.35).

La vie dans une Église locale n’est donc pas seulement bonne pour des nouveaux convertis. Nous trouvons de même l’apôtre Pierre dans l’Église de Jérusalem : Actes 12 nous le présente comme un des membres de cette Église qu’Hérode se met à maltraiter. Plus tard, nous le trouvons dans l’Église d’Antioche (Gal. 2). Vers la fin de sa vie, il salue de la part de l’Église de Babylone où il est ancien (voir 1 Pierre 5.1).

L’apôtre Jean vit aussi dans une Église au moment où il écrit ses épîtres. Son jugement sur les francs-tireurs est sévère : « ils sont sortis du milieu de nous, mais ils n’étaient pas des nôtres, car s’ils eussent été des nôtres, ils seraient demeurés avec nous » (1 Jean 2.19) ; « l’ancien à Kyria, à Gaïus... » (2 Jean, 3 Jean).

Tous les écrits du Nouveau Testament nous permettent de situer leurs auteurs dans le cadre d’une Église locale (v. Jacques 2.2 ; 5.14 ; Jude 12,22 ; Hébr 10.25 : « N’abandonnons pas notre assemblée... exhortons-nous réciproquement », Hébr 13.7,17).

Refuser de faire partie d’une Église locale, c’est s’estimer plus spirituel que les apôtres.

 

4. Les apôtres ont fondé des Églises locales

Ils les estimaient donc indispensables à la croissances des chrétiens. Ils agissaient suivant les ordres du Seigneur et sous la conduite du Saint-Esprit.

Ils constituaient ces assemblées sur le modèle de l’ekklésia politique, lui donnant une constitution démocratique : « choisissez parmi vous sept hommes, ... cette proposition plut a toute l’assemblée. Ils élurent Etienne, Philippe ... » (Actes 6.3, 5). « Ils firent nommer des anciens dans chaque Église » (Actes 14.23). « Le frère qui a été choisi par les Églises pour être notre compagnon de voyage » (Il Cor. 8.19). Dans ces deux passages, l’original emploie le terme technique des élections du monde athénien : élire à main levée. Ces assemblées déléguaient des frères (Actes 15.22 ; 1 Cor 16.3), examinaient les questions de doctrine (Actes 15), géraient les fonds (Rom 15.26-27 ; 1 Cor 16.1-4 ; 2 Cor 8.18-24 ; 11.8 ; Phil 4.15-16) et exerçaient la discipline intérieure (Matt 18.17 ; 1 Cor 5.11-13 ; 2 Cor 13.1 ; 1 Thess 5.14 ; 2 Thess 3.6-15 ; Jude 22).

 

5. Les chrétiens des premiers siècles vivaient dans des Églises locales

Dans le Nouveau Testament, nous ne rencontrons nulle part de chrétien isolé, membre seulement de l’Église universelle. « Tout chrétien fait partie d’une Église, et par ce mot il faut entendre d’abord une communauté locale » (G. Bardy). « Un christianisme individuel qui se constituerait loin de l’Église et en dehors d’elle est impensable pour l’Église primitive » (Schnackenburg). Les épîtres sont toutes adressées à des Églises locales ou à des responsables d’Églises. Elles présupposent à chaque ligne le cadre d’une Église locale : « frères, parmi vous, au milieu de vous, l’un de vous, exhortez-vous les uns les autres, édifiez-vous, veillez les uns sur les autres ... »

 

6. Nous avons tous besoin d’une Église locale pour croître

Dieu a donné aux Églises différents ministères «pour le perfectionnement des saints en vue de l’oeuvre du ministère et de l’édification du Corps de Christ jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ ... » (éph 4.12-13). Comment voulons-nous croître sans l’aide de ce que Dieu a lui-même institué à cet effet ? Sans le concours des frères et des sœurs qui nous exhortent, nous avertissent, nous réconfortent ? Nous avons besoin de la communion fraternelle avec des frères et des sœurs de toute condition, de tout âge, de tout niveau intellectuel et social. Seule, une Église locale peut nous offrir ce cadre dans la liberté et le respect mutuel.

 

7. L’Église locale a besoin de nous

La Parole de Dieu nous la présente comme un Corps. Chaque organe a besoin de l’ensemble, mais le corps a aussi besoin de chaque organe pour vivre harmonieusement et rester en bonne santé. Le chrétien qui va d’une Église à l’autre ne se préoccupe que de trouver la meilleure nourriture spirituelle. Ce souci légitime est la marque d’un état infantile. « Que chacun de vous, au lieu de ne considérer que ses propres intérêts, considère aussi ceux des autres » (Phil 2.4). Le chrétien normal ne veut pas toujours recevoir, il cherche aussi à donner, à servir le Seigneur. Le cadre divinement choisi pour notre action est l’Église locale. Dans la Bible, nous ne voyons ni mouvement d’évangélisation, ni œuvre spécialisée.

L’Église, par ses différents ministères, assurait la propagation de l’évangile, l’édification des chrétiens et l’action sociale. Les œuvres et mouvements spécialisés sont nés d’une carence des Églises. Ils répondent à des besoins réels mais se substituent trop souvent à l’Église biblique en absorbant toutes les forces et tout le temps des croyants. Or, elles ne sauraient remplacer à tous égards le Corps local où chaque membre donne et reçoit dans une interaction constante, ou notre action se trouve équilibrée, complétée, corrigée au besoin par celle des autres membres qui témoignent avec nous.

Laissant donc à ceux qui veulent en assumer la responsabilité le droit de chercher leur inspiration dans la raison ou dans des révélations particulières, nous estimons préférable de nous en tenir à la seule norme de la Parole de Dieu, aux ordres de Jésus-Christ, à l’exemple des apôtres et des premiers chrétiens, sachant que nous avons autant besoin de l’Église que celle-ci a besoin de nous. Nous prendrons en toute humilité notre place dans le Corps local vers lequel le Seigneur nous conduit, une place qu’il nous a lui-même réservée et qui, sans nous, resterait inoccupée.

Nous ferons certainement aussi l’expérience que, malgré les difficultés et les déceptions que cette forme de vie chrétienne engendre, il n’y a sur terre rien de plus beau, ni de plus efficace que la vie d’une Église locale, rien qui réponde mieux aux aspirations et aux besoins de notre monde actuel.

 

II) Pourquoi l’Église ?

A) L’Église est là d’abord pour Dieu, pour lui apporter dans un culte qui l’honore, les louanges et l’adoration qui lui sont dues. Elle est là, aussi pour révéler aux dominations et aux autorités dans les lieux célestes « la sagesse infiniment variée de Dieu » (éph 3.8-12) et pour confesser devant elles la seigneurie du Christ.

 

B) Elle est là ensuite pour le croyant auquel elle apporte le quadruple bénéfice de la participation à l’enseignement des apôtres, à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières (Act 2.42).

 

L’enseignement des apôtres

Pour croître harmonieusement, le chrétien a besoin de connaître tous les aspects de la révélation divine : l’amour du Père, l’œuvre du Fils, l’action du Saint-Esprit, le ministère des anges, les ruses du diable, le rôle de l’Église, les dimensions du salut, le principe de la sanctification, le contenu de notre espérance ...

L’étude biblique est un élément indispensable de la transmission de « l’enseignement des apôtres ». C’est dans le Nouveau Testament que cet enseignement a été consigné et il importe que chaque chrétien ait ce contact direct avec la Parole de Dieu et apprenne à en tirer pour lui-même l’instruction et l’édification qu’elle contient.

Pourquoi faut-il faire partie d’une Église locale pour persévérer dans l’enseignement des apôtres ?

Le Christ a donné à l’Église des hommes pour transmettre et expliquer cet enseignement: prophètes, docteurs, pour faire croître les chrétiens (Éph. 4.11-13). Comment parviendrons-nous à cette maturité dont parle l’apôtre si nous négligeons ces dons ?

Mais ne peut-on pas trouver cet enseignement dans la lecture de la Bible, dans celle de bons commentaires et de livres d’édification ? En partie, oui, mais en partie seulement. Car l’enseignement des apôtres était oral, collectif, mutuel et pratique.

a) L’enseignement oral surpasse l’enseignement écrit par sa valeur affective : la personne de l’orateur, le ton de sa voix, ses gestes inscrivent ses pensées dans notre être total et en facilitent l’assimilation aussi bien que la mémorisation. D’autre part, un enseignement oral est généralement plus digeste - parce que moins concentré - plus vivant et mieux adapté au public particulier auquel il s’adresse.

b) L’enseignement des apôtres était un enseignement collectif : « ils persévéraient (ensemble) dans ... » (pas : chacun persévérait). Certains enfants sont instruits par un précepteur dans des leçons particulières. Ils sont de moins en moins nombreux, car on s’est aperçu que l’enseignement commun, reçu dans une école, avait des avantages irremplaçables : émulation, éducation mutuelle, apprentissage de la vie en société.

Dieu semble être résolument partisan de l’enseignement collectif. La plupart des passages où il est question d’enseigner ne se comprennent que dans ce cadre (Actes 4.18 ; 5.42 ; 20.20 ; 1 Cor 4.17 ; 11.23 ; 2 Tim 2.24 ... ). Ce que nous avons à apprendre, ce n’est pas seulement une doctrine, mais une vie, une manière nouvelle d’être et d’agir. Or, la vie ne s’apprend qu’en vivant, et en vivant avec d’autres. De là ces nombreuses exhortations à la vie fraternelle : aimez-vous les uns les autres, accueillez-vous, supportez-vous, pardonnez-vous, veillez les uns sur les autres, prenez soin les uns des autres... Comment pourrions-nous apprendre tout cela isolés dans notre ermitage ?

Certes, il n’est pas toujours agréable de vivre dans une Église - un enfant n’aime pas aller toujours à l’école : il y a des leçons arides et fastidieuses dont il ne voit pas l’utilité, des devoirs pénibles, des promiscuités gênantes. Pourtant, la formation qu’on y reçoit est nettement supérieure à celle que l’on se choisirait soi-même. On distingue du premier coup l’étudiant qui a suivi un programme imposé d’un autodidacte qui n’a appris que ce qui lui plaisait - et qui l’a appris seul.

c) Dans l’Église primitive, une grande partie de l’éducation se donnait par l’enseignement mutuel: « instruisez-vous, exhortez-vous, édifiez-vous les uns les autres, avertissez ceux qui vivent dans le désordre ... quelqu’un (dans une réunion) a-t-il une instruction, une révélation ... ». Ceux qui vivent à nos côtés voient mieux que nous ce qui manque à notre formation et à notre transformation. Ils peuvent compléter notre instruction comme l’ont fait Aquilas et Priscille (Actes 18.26). Ils le font souvent sans paroles par l’exemple vécu qu’ils nous donnent et que nous ne remarquons que si nous vivons et travaillons avec eux.

 

d) L’enseignement livresque reste toujours théorique. Dans l’Église primitive - comme dans l’Église locale l’enseignement oral était complété par la mise en pratique dans la vie et le travail en commun.

La croissance prodigieuse de la première Église ne s’explique que par l’engagement de tous ses membres dans l’évangélisation. Ils ne pouvaient garder pour eux le trésor qui leur était transmis. Comme l’adolescent comprend à un moment donné qu’il ne peut pas éternellement recevoir et se former, le chrétien normal éprouve le désir, non seulement de croître et de se perfectionner, mais de travailler pour son Maître. L’Église locale, école de service, lui offrira également le meilleur terrain pour s’exercer progressivement à accomplir une oeuvre féconde et durable.

L’Église est aussi le chantier des serviteurs de Dieu. Un chantier bien organisé est assurément un beau spectacle : sous la direction de l’architecte, les ouvriers, chacun en son secteur, collaborent joyeusement à l’édification du bâtiment. Ils savent travailler en équipe et se conformer au plan. Chacun respecte et apprécie le travail des autres corps de métiers et adapte son ouvrage à celui de son prédécesseur. Aucun ne songe à tout faire lui-même. Un tel chantier ressemble un peu à une armée disciplinée qui attaque en ordre serré sous le commandement d’un stratège compétent

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L’œuvre de Dieu aujourd’hui ressemble bien davantage à un groupe d’ouvriers indépendants, édifiant chacun dans son coin une cabane pour les siens ou à une équipe de francs-tireurs faisant le coup de feu au hasard.

La Parole de Dieu compare le service chrétien tantôt à un chantier (1 Cor 3.9-15), tantôt à un champ cultivé en commun (1 Cor 3.6-8), tantôt à une armée disciplinée (Phil 1.27) ou à un corps humain avec ses différents organes (Rom 12 ; 1 Cor 12 ... )

Dans l’Église primitive, l’activité pour le Seigneur passait par l’Église et aboutissait à l’Église. Toute l’activité de Paul tendait à la fondation d’Églises (Actes 14.21-23 ; 15.4). Ses disciples ont été formés suivant les mêmes principes (1 Tim 3.15 ; 4.14 ; Tite 1.5.6). Si les apôtres qui avaient un ministère particulier et itinérant n’agissaient qu’en liaison avec une Église, à plus forte raison les autres chrétiens n’ont-ils agi que dans le cadre de leur assemblée (voir Rom 16.1, 3-4 ss.).

D’après 1 Cor 12.7, l’Esprit accorde à chaque membre de l’Église un don destiné au service des autres. Les listes de dons de Rom 12.6-8 et 1 Cor 12.8-10 nous font apparaître des possibilités de service fort variées. Les différents membres du Corps travaillent ensemble dans l’harmonie (1 Cor 12.25), solidaires dans la joie et la peine (v. 26), sans complexe d’infériorité (v. 15-19) ni de supériorité (v. 20-24).

Telle est la manière dont Dieu envisage l’activité chrétienne - fort différente, il est vrai, de celle dont elle s’accomplit aujourd’hui. Nos lenteurs et nos échecs comparés à l’avance fulgurante de l’Église au Ier siècle ne devraient-ils pas nous amener à nous interroger sur la validité de nos méthodes d’action chrétienne ?

La communion fraternelle

Le mot communion (koinonia) implique des échanges nombreux, variés et profonds entre les membres d’un même groupe social. Il implique : être ensemble, se parler, se voir, s’entraider, travailler ensemble, s’aimer, s’édifier, s’encourager mutuellement.

Pourquoi faut-il faire partie d’une Église locale pour persévérer dans la communion fraternelle ?

 

Il est évident que nous avons besoin d’un groupe de chrétiens avec lequel nous puissions entretenir des relations qui méritent le nom de communion. Différentes associations et oeuvres chrétiennes peuvent nous donner l’occasion de contacts fréquents et profonds avec d’autres frères et soeurs en Christ. Les groupes de prière et d’action, les comités de responsables de différents mouvements chrétiens nous donnent l’occasion de côtoyer de près d’autres chrétiens et de répondre partiellement au plan de Dieu concernant la communion fraternelle. Mais, là aussi, ces différents groupements ne répondent que partiellement à nos besoins, car aucun d’eux n’est aussi complet et varié qu’une Église locale. Dans une Église normale, il y a des hommes et des femmes, des enfants et des aînés, des nouveaux convertis et des chrétiens affermis, des forts et des faibles, des tempéraments actifs ou mystiques, des intellectuels et des manuels, des riches et des pauvres, parfois des gens de diverses nationalités et races...

Nous avons besoin d’apprendre par l’Église à connaître la richesse « infiniment variée » de l’humanité rachetée et à cultiver la communion avec tous ces groupes sans exclusive et sans racisme. Chacun d’eux a quelque chose à nous apporter et à nous apprendre. Par leur arrière-plan culturel – et souvent ecclésiastique – leur éducation différente, leurs tendances, leur conception de la vie chrétienne et leurs espérances, ils enrichissent notre connaissance de l’homme et notre compréhension du plan de Dieu. Nous apprenons mieux à distinguer ce qui est essentiel et permanent de ce qui est particulier à un groupe social, national, ethnique ou dénominationnel. Nous évitons d’attribuer à la volonté de Dieu les règles et les directives de vie d’un de ces groupes et de les imposer avec autorité aux autres. L’Église primitive a connu ce genre de problèmes qui risque de troubler la communion fraternelle par des jugements et des sentiments de mépris (voir Rom 14.1 – 15.7).

Dans l’Église locale, la communion fraternelle trouvera aussi les expressions les plus variées : communion dans l’adoration et la louange au culte, par le chant des cantiques et l’écoute de la Parole de Dieu, par les salutations et les entretiens à la fin des réunions. Est-ce par hasard que l’exhortation « Saluez-vous les uns les autres par un saint baiser » se trouve répétée cinq fois dans le Nouveau Testament (Rom 16.16 ; 1 Cor 16.20 ; 2 Cor 13.12; 1 Thess 5.26 ; 1 Pierre 5.14) ? Jean ajoute : « chacun en particulier » (3 Jean 15). Si nous voulons obéir à ce commandement, nous ne devrons pas être trop pressés de rentrer chez nous après le culte. Mais, après tout, qu’est-ce qui est plus important au jour du Seigneur: le repas dominical ou la communion fraternelle ?

Certaines Églises ont pris la bonne habitude de rester ensemble certains dimanches autour d’un « repas canadien » où l’on met toutes les provisions sur la table commune : formule moderne de l’agape des premiers chrétiens. L’après-midi fournit maintes occasions d’approfondir la communion : promenade, jeux avec les enfants, entretiens sur le thème du message ou sur un problème commun, partage d’expériences et de sujets de prière.

Cette fraternité donne expression à l’une des images de l’Église : la famille des enfants de Dieu. La famille ne se contente pas de nourrir les enfants, elle leur fournit le climat affectif où ils peuvent se développer harmonieusement, elle les prépare à la vie sociale par les relations avec les frères et les soeurs, elle les protège et les prémunit contre les influences mauvaises.

l’Église remplit ces mêmes fonctions à l’égard des enfants de Dieu. Les relations fraternelles y jouent un rôle de premier plan. Un chrétien élevé au sein d’une Église normale sera en principe plus équilibré, plus ouvert aux autres et plus résistant aux déviations et aux hérésies que celui qui a grandi seul. Entre les deux, il y a souvent la même différence qu’entre l’arbre qui a poussé droit et harmonieux au sein d’une forêt et le solitaire qui a jailli entre des rochers: son tronc tordu et noueux, son feuillage ramassé d’un seul côté témoignent de la lutte désespérée qu’il a dû mener contre les éléments pour survivre.

 

La fraction du pain

Les premiers chrétiens célébraient le repas du Seigneur dans chaque culte (Actes 2.46) et, par la suite, au moins une fois par semaine (Actes 20.7). Il était, pour eux, le rappel du sacrifice de Jésus, origine de leur rédemption et la préfiguration du repas messianique qui rassemblera les élus dans le Royaume à venir. En même temps, l’Église réalise la présence du Seigneur au milieu d’elle. Passé, présent et avenir convergent dans cet acte symbolique qui figure à la fois l’unité du Corps avec son Chef et celle des membres entre eux.

Pourquoi devons-nous faire partie d’une Église locale pour persévérer dans la fraction du pain ?

Que la place normale du repas du Seigneur soit l’Église locale n’a sans doute guère besoin d’être démontré : « Nous qui sommes plusieurs, nous formons un seul Corps ; car nous participons tous à un même pain » (1 Cor 10.17). Le Corps de Christ se concrétise avant tout dans le rassemblement local des enfants de Dieu. « Vous êtes le Corps de Christ » écrivait l’apôtre à « l’Église de Dieu qui est à Corinthe » (1 Cor 12.27 ; 1.2). Que l’on puisse, à l’occasion, célébrer la cène dans un autre rassemblement d’enfants de Dieu (convention, congrès, camp, week-end de formation ... est admis par la plupart des chrétiens elle manifeste l’unité du Corps universel de Christ au-delà des frontières locales et dénominationnelles. Mais ce sera toujours l’exception qui confirme la règle, l’extension occasionnelle de la table du Seigneur à une circonstance spéciale – un peu comme le repas canadien avec des amis est une extension du repas familial.

 

Les prières

La prière avait été la première activité de l’Église au lendemain de l’Ascension (Actes 1.14,24). Le début du livre des Actes nous rapporte l’une de ces prières des premiers chrétiens (Actes 4.24-30). Elle est à la fois louange, rappel des promesses de Dieu et intercession. La prière que Jésus a apprise à ses disciples comprend les mêmes éléments. Luc nous dit qu’ils « élevèrent leur voix à Dieu tous ensemble » (v. 24). Cela peut signifier qu’ils dirent tous « amen » à la prière que Pierre fit monter vers Dieu[1]. Cela peut aussi se comprendre ainsi : les différents éléments de la prière ont été apportés par différents participants et l’ensemble représentait la prière commune. La prière restera la fonction première des apôtres (Actes 6.4, 6 ; 9.40). Toute l’Église s’y associe (12.12). Avant toute extension de l’Église, les croyants prient (8.15 ; 10.9). On prie au temple et dans les maisons (2.46). Au temple, les chrétiens continuent à s’associer aux prières liturgiques juives. Dans les maisons, par petits groupes, ils « invoquent le nom du Seigneur Jésus » (9.14). Avant d’être appelés « chrétiens » (11.26), ils sont identifiés comme « ceux qui invoquent » ce nom.

La prière de l’Église peut encore revêtir ces différents aspects aujourd’hui : louange, intercession, prière collective, petits groupes de prière.

Le culte en commun dans l’Église locale est là avant tout pour apporter à Dieu comme David qui aimait louer l’Éternel « dans la grande assemblée » (Ps 22.26).

La prière d’intercession occupe une grande place dans le Nouveau Testament. L’apôtre Paul en donne l’exemple aux différentes Églises auxquelles il écrit (Rom 1.9 ; 1 Cor 1.4 ; Éph 1.16-23 ; Phil 1.3-4 ; Col 1.3 ; 1 Thess 1.2 ; 2 Thess 1.3). Il demande aussi leurs prières en sa faveur (Rom 15.30 ; 2 Cor 1.11 ; Éph 6.19 ; 1 Thess 5.23). L’intercession peut se faire à la fin du culte du dimanche après avoir rappelé des sujets de prière urgents. Elle a sa place dans la réunion de prière commune de toute l’Église. Elle se fait encore mieux dans les petits groupes, soit dans les maisons, soit dans les locaux de l’Église.

Dans notre Église, nous avons remarqué que l’éclatement de la grande réunion de prière en petits groupes dispersés dans différents coins de la salle avait attiré plus de chrétiens à cette réunion : le petit groupe permet de mieux se connaître, de participer plusieurs fois à la prière, de « se lancer » dans la prière en public même si on est débutant ou timide. Aux sujets de prière indiqués au cours de l’introduction commune, on peut ajouter des sujets plus personnels que l’on hésiterait à confier au grand groupe.

 

C - L’église est là, enfin, pour le monde.

1. Elle est pour lui une représentation collective du Christ sur la terre (1 Cor 12.27). Pour exprimer l’harmonie de la personnalité de Jésus, il faudrait rassembler tous les types de tempéraments et de caractères. Ainsi, si on juxtapose ce que nous savons des apôtres Pierre, Jean, Paul et Jacques, on obtient une image plus exacte de celle de leur Maître qu’en ne considérant que la vie d’un seul d’entre eux.

L’Église est un diamant à facettes multiples : chacune d’elles ne reflète qu’une des couleurs du spectre. Lorsque la pierre tourne et que toutes les facettes renvoient leur rayon particulier, on peut voir se reconstituer la lumière blanche. Ainsi, une Église en mouvement peut refléter quelque chose de la richesse infiniment variée de la personnalité de Christ.

La pensée du Seigneur a aussi besoin d’une communauté pour être comprise et exprimée. Ce n’est certes pas par hasard que Dieu a confié à quatre évangélistes la mission de retracer la vie de son Fils. Dans leurs épîtres, Paul insiste avant tout sur la foi, Jean met l’accent sur l’amour, Jacques souligne les oeuvres de la foi et Pierre s’intéresse surtout à l’aspect pratique de la vie chrétienne. Chacun d’eux a saisi un aspect de la pensée de Christ : seul l’ensemble de leurs écrits rend compte de la pensée véritable du Seigneur.

L’église est la bouche du Christ (2 Cor 5.20 ; 1 Pi 2.9), ses yeux et ses oreilles pour voir les misères du monde, pour écouter les plaintes. Elle doit porter au loin, comme les jambes du Seigneur, son message de réconciliation : « Allez, faites de toutes les nations des disciples » (Matt 28.19-20). C’est pourquoi l’apôtre Paul, en parlant de l’Église, peut se permettre cette identification audacieuse : « Ainsi en est-il de Christ ». C’est aussi pourquoi un incroyant pénétrant dans une Église primitive se trouvait « convaincu par tous... de telle sorte que, tombant sur sa face, il adorait Dieu et publiait : “Dieu est réellement au milieu de vous” » (I Cor. 14.24-25).

 

2. Elle est un lien vivant entre Dieu et les hommes.

Jésus-Christ était le médiateur entre Dieu et les hommes (1 Tim 2.5), médiateur d’une nouvelle alliance entre eux (Hébr 8.6 ; 9.15 ; 12.24). Il est le seul médiateur. Mais l’Église, étant son corps, remplit actuellement dans le monde des fonctions analogues aux siennes en présentant Dieu aux hommes et les hommes à Dieu.

L’Église apporte Dieu aux hommes par le témoignage de tous ses membres appuyé par le « ministère de miséricorde et de bonté » (Oldham) et par les différents ministères de la parole, en particulier par l’apôtre et l’évangéliste. La mission en terre lointaine n’est qu’un cas particulier de cette vocation de l’Église. Étant « Christ », l’Église est aussi « Emmanuel » : Dieu avec nous, avec les hommes. Elle est – ou devrait être – le lieu où des hommes qui cherchent Dieu peuvent le rencontrer.

Mais elle ne peut accomplir cette mission qu’avec l’aide et la grâce de Dieu (1 Cor 15.10 ; 2 Cor 3.5). Elle n’a, d’elle-même, aucun pouvoir sur les hommes : seul Dieu peut les attirer à lui (Jean 6.44 ; 12.32) et seul le Saint-Esprit peut les convaincre (Jean 16.8). L’Église peut cependant présenter les hommes à Dieu. Elle voit leur misère, leur aveuglement, leur égarement et, avec tout son coeur, elle apporte ces besoins à Dieu dans ses « prières, supplications, requêtes, actions de grâces pour tous les hommes » (1 Tim 2.1). L’apôtre exhorte « avant toutes choses » à ce ministère primordial de l’intercession pour le monde. Il le met en rapport direct avec le salut des hommes. « Cela est bon et agréable devant Dieu, notre Sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (v. 3.4).

Comme le Seigneur a donné des promesses particulières à la prière collective de ses enfants (Matt 18.19), la prière de l’Église joue, sans conteste, un rôle capital dans l’évangélisation du monde et dans la réalisation du plan de Dieu pour lui. Par cette prière, Dieu voit le monde à travers les yeux des chrétiens et leur apprend en même temps à le voir avec les siens. C’est pourquoi la prière ne saurait être séparée de l’action : elle y conduit. Elle l’oriente et la soutient. Pendant que quelques chrétiens de l’Église d’Antioche présentaient à Dieu les besoins du monde, ils ont entendu le Saint-Esprit leur dire : « Mettez-moi à part Barnabas et Saul pour l’oeuvre à laquelle je les ai appelés » (Actes 13.2).

Ainsi, l’Église est ce terrain de rencontre entre Dieu et les hommes où Dieu parle aux hommes et les hommes à Dieu, où les hommes viennent trouver Dieu et lui exposent les besoins du monde, mais où Dieu doit aussi pouvoir trouver des hommes disponibles pour répondre à ces besoins.

 

Pourquoi évangéliser par l’Église locale ?

« L’évangélisation, en tant que mode de vie des Églises, a pratiquement disparu. Elle est devenue l’affaire d’équipes de spécialistes » et est « de moins en moins l’initiative et l’activité des Églises et de leurs membres » (G. Peters).

Au Ier siècle, l’évangélisation se faisait essentiellement par deux moyens : 1. Par l’équipe apostolique qui apportait la Parole de Dieu là où elle était inconnue ; 2. Par les Églises locales dès qu’elles étaient constituées.

 

L’Église locale disposait de deux moyens d’évangélisation : les évangélistes et les membres de l’Église. L’évangéliste était essentiellement un formateur qui entraînait les autres membres de l’Église à évangéliser leurs concitoyens. Les membres de l’Église étaient tous mobilisés pour cette tâche. Les chrétiens, dispersés après la persécution à Jérusalem, ont porté l’Évangile en Phénicie, dans l’île de Chypre, à Antioche. « Ce sont eux qui ont osé faire les deux pas les plus révolutionnaires : prêcher aux Grecs qui n’avaient aucun contact avec le judaïsme et lancer la mission païenne à partir d’Antioche »[2]. « Il ne s’agissait probablement pas de prédication en règle, mais de bavardages informels avec des amis, de rencontres occasionnelles dans des foyers et des tavernes, en route, au marché. Ils allaient partout “potinant” l’Évangile (gossiping the gospel) avec naturel, avec enthousiasme et avec la conviction de ceux qui ne sont pas payés pour dire ces sortes de choses. Par conséquent, il furent pris au sérieux et le mouvement se répandit dans les classes inférieures. C’est le même tableau qui se dégage des écrits des Pères et de ceux des adversaires du christianisme »[3].

Celse se moque des chrétiens qui répandent leur enseignement dans les boutiques des cordonniers et les lavanderies. Green souligne aussi la part importante des femmes dans l’expansion du christianisme.

Cette vision globale, « corporative», continue, de l’évangélisation évite, non seulement la séparation entre évangélistes (spécialistes de l’évangélisation) et laïques évangélisés, mais encore la division arbitraire entre membres de l’Église qui « font de l’évangélisation » et membres qui « ne s’intéressent pas à l’évangélisation ». En effet, si je fais de la cure d’âme auprès des membres de l’Église – c’est-à-dire si je « répare les filets » (katartizô, Matt 4.21) – je les prépare à servir de nouveau à prendre des poissons. Je collabore donc à l’évangélisation. Si j’enseigne dans l’Église afin de former des « disciples accomplis » et de « perfectionner » les chrétiens pour les « rendre capables de toute bonne œuvre » (Luc 6.40 ; 2 Cor 13.11 ; Hébr 13.21 où apparaît également le verbe katartizô), je travaille pour l’évangélisation. Et même si je m’occupe de l’éducation physique et sportive dans le cadre d’un groupe de jeunes de l’Église pour « former le corps » (Hébr 10.5, encore katartizô), je contribue à l’effort d’évangélisation que ces corps accomplissent s’ils sont consacrés au Seigneur (Rom 12.1-2).

Ainsi, si je sers dans le Corps conformément aux dons reçus, je fais, moi aussi, de l’évangélisation – indépendamment du témoignage que j’ai à rendre autour de moi.

C’est cette vision globale de l’évangélisation qu’il nous faut reconquérir car:

  • elle est biblique, donc normative pour tous,

  • elle est efficace : partout où elle est appliquée, l’Église croît plus vite que par tout autre moyen,

  • elle valorise chaque ministre et chaque membre de l’Église en lui faisant accomplir les services pour lesquels il a reçu les dons de la part du Seigneur. Elle utilise donc au mieux les différents charismes.

 

[1] Note de l’éditeur

[2] Michael Green, L'évangélisation dans l'Église Primitive. p. 207-208.

[3] Id. p. 210-213.

 
 

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