Une façon de vivre particulière

 

Auteur : PERROTTA Kevin

Tiré du module : Comprendre l'essentiel de la saine doctrine
(collection Responsable, série Connaissance)

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Nous savons tous, plus ou moins, l’impact qu’ont eu les premiers chrétiens sur l’empire romain : « Voyez comment ils s’aiment les uns les autres ». Il est par contre plus rare de retrouver dans les récits de l’histoire des premiers siècles du christianisme l’avis général de la société de l’époque : le fait que les chrétiens « haïssaient la race humaine ». En fait, ces deux points de vue nous permettent de mieux comprendre la foi chrétienne.

Une citation au sujet de l’entraide des chrétiens nous provient de la fin du deuxième siècle. Tertullien, apologète chrétien, dit que chaque mois des collectes étaient faites, et que les fonds ainsi accueillis étaient dépensés, « non pas en banquets et autres beuveries, mais pour les enfants orphelins et démunis, pour nourrir et enterrer les pauvres, pour aider les vieux esclaves et les marins naufragés, aussi bien que ceux qui étaient dans les mines, exilés sur les îles, ou en prison ». Au quatrième siècle, l’empereur Julien, qui tenta de renverser la tendance à se tourner vers la foi chrétienne, demanda à ses prêtres païens : « Pourquoi n’observons-nous pas que c’est par leur sympathie envers les étrangers, leur entretien des tombeaux, et l’apparente sainteté de leur vie qu’ils ont le plus fait pour accroître l’athéisme ? ». (Par « athéisme », Julien entendait la foi chrétienne).

Auparavant, quand la foi chrétienne en était à ses débuts, son image auprès du public était plutôt négative. Quand les Romains se sont révoltés contre Néron en 64 après Jésus-Christ, il détourna leur colère vers les chrétiens, qui étaient déjà mal vus. Les persécutions des deux premiers siècles furent souvent l’aboutissement d’une réaction populaire, plutôt que l’initiative du gouvernement.

Pourquoi un tel manque de popularité ? D’après un des historiens, « la conviction que les chrétiens étaient coupables d’une haine envers l’humanité » provenait de leur attitude apparemment hautaine pour les affaires de la vie quotidienne, attitude poussée à un tel extrême que les chrétiens étaient souvent appelés une « troisième race » – ni païenne, ni juive – mais une race à part. Les chrétiens se tenaient à l’écart des divertissements publics, des écoles et des hôpitaux (qui avaient une dimension religieuse païenne) et des pratiques religieuses communément répandues. Ils évitaient aussi des habitudes vestimentaires luxueuses. Les chrétiens étaient différents – trop différents, au point de vue de la plupart des gens.

Qu’ils soient admirés ou méprisés par les non-chrétiens, tous pouvaient remarquer que les premiers chrétiens étaient un peuple très distinct, ayant un style de vie particulier. Comme communauté, par exemple, ils prenaient soin les uns des autres. Et ils géraient les affaires de la vie quotidienne – la famille, le travail, le temps et l’argent, l’ambition et l’angoisse – d’une manière très différente des autres.

Les non-chrétiens qui avaient des contacts avec les chrétiens dans l’empire romain étaient tout simplement témoins du mode de vie chrétienne normal. Le Nouveau Testament enseigne que les chrétiens doivent vivre comme appartenant à un même peuple, selon un style de vie quotidienne révélé par Dieu.

Directives pour la vie quotidienne

Nous considérons souvent que le message chrétien est un ensemble de croyances, et oublions donc que le Nouveau Testament met également l’accent sur une façon de vivre quotidienne. Jésus a mis l’instruction sur la façon de vivre pour plaire à Dieu au centre de son ministère (voir par exemple le « Sermon sur la Montagne », ou les derniers entretiens de Jésus avec ses disciples – en Jean 13 par exemple). Les apôtres et les responsables de l’Église des premiers siècles ont considéré qu’un aspect primordial de leur ministère pastoral était la transmission de cet enseignement pratique. Sous l’inspiration du Saint-Esprit, les auteurs du Nouveau Testament transmirent ce même enseignement à l’Église de tous les temps. Cet enseignement pratique est devenu l’instrument de mesure pour déterminer la solidité de la vie des chrétiens. Comme Paul l’a écrit aux Romains, « Mais grâce à Dieu, après avoir été esclaves du péché, vous avez obéi de cœur à la règle de doctrine qui vous a été transmise ». (Rom 6.17 ; voir également 2 Tim 1.13 ; 2.2).

Au cœur de cet enseignement pour la vie quotidienne se trouve la compréhension que le Christ est venu pour permettre aux hommes et aux femmes de partager la nature même de Dieu (2 Pierre 1.4), et de lui ressembler (Matt 5.48 ; 1 Jean 3.2). Les premiers chrétiens voyaient cet enseignement du Nouveau Testament comme la suite et le perfectionnement de l’enseignement donné au peuple de Dieu dans l’Ancienne Alliance. La révélation de Jésus permet de vivre pleinement en accord avec les intentions de Dieu.

Dans son ouvrage Gospel and Law (L’Évangile et la Loi), C.H. Dodd remarque que l’ensemble du Nouveau Testament suit un plan : des passages contenant des instructions dans la vérité du salut sont suivis par des passages énumérant les conséquences pratiques qui en découlent. Les épîtres, par exemple, commencent souvent par un enseignement sur l’œuvre du Christ, et terminent par des instructions sur la façon de vivre en tant que chrétiens ; Romains, Galates, Éphésiens et 1 Pierre en sont quelques exemples. Le kerygma (proclamation de la Bonne Nouvelle) et d’autres instructions de la réalité de la foi se différencient des passages présentant la didachè (l’enseignement pratique sur la façon de vivre).

Dodd identifie sept thèses principales dans la didachè :

1. Le chrétien du Nouveau Testament doit réformer sa conduite. Par exemple, Paul écrit aux Éphésiens : «… vous dépouiller, à cause de votre conduite passée, de la vieille nature qui se corrompt par les convoitises trompeuses, être renouvelés par l’Esprit dans votre intelligence, et revêtir la nature nouvelle, créée selon Dieu dans une justice et une sainteté que produit la vérité ». (Éph 4.21-24 ; voir également Rom 12.1-2 ; 13.11-14.)

2. Les vertus typiques d’une nouvelle façon de vivre sont présentées : « Mais le fruit de l’Esprit est : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur, maîtrise de soi » (Gal 5.22 ; voir aussi Col 3.12).

 

3. Les bonnes relations chrétiennes au sein de la famille, l’unité de base de la Communauté chrétienne, sont examinées. « Femmes, soyez soumises chacun à votre mari, comme au Seigneur… Maris, aimez chacun votre femme, comme le Christ a aimé l’Église… Enfants, obéissez à vos parents selon le Seigneur, car cela est juste ». (Éph 5.22, 25, 6.1 ; voir aussi Col 3.18-21 ; 1 Pi 3.1-7).

4. Les bonnes relations au sein de la Communauté chrétienne sont examinées : « Que l’amour soit sans hypocrisie. Ayez le mal en horreur ; attachez-vous fortement au bien. Par amour fraternel, ayez de l’affection les uns pour les autres ; par honneur, usez de prévenances réciproques ». (Rom 12.9-10 ; voir aussi Col 3.13-16 ; Phil 2.1-4.)

5. Un ensemble de comportements envers les voisins païens est décrit : « Conduisez-vous avec sagesse envers ceux du dehors. Rachetez le temps. Que votre parole soit toujours accompagné de grâce, assaisonnée de sel, afin que vous sachiez comment vous devez répondre à chacun ». (Col 4.5-6 ; voir aussi 1 Pierre 2.12, 18.)

6. Les relations justes vis-à-vis des autorités sont définies : « À cause du Seigneur, soyez soumis à toute institution humaine, soit au roi comme souverain, soit aux gouverneurs comme envoyés par lui pour punir ceux qui font le mal et louer ceux qui font le bien ». (1 Pi 2.13-14 ; voir aussi Rom 13.1-7.)

7. On y trouve aussi un appel à la vigilance et à la responsabilité. « Soyez sobres. Veillez ! Votre adversaire le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui dévorer ». (1 Pi 5.8 ; voir aussi Éph 6.10-18).

Fidèle à l’enseignement

Le Christ, les apôtres et les responsables de l’Église primitive considéraient que l’enseignement de la vie chrétienne était normatif pour tous les chrétiens. Pour eux, la didachè était non pas un idéal lointain, mais quelque chose que les gens ordinaires mettaient en pratique dans leurs vies. La conversion impliquait un comportement nouveau : « C’est par là que se manifestent les enfants de Dieu et les enfants du diable. Quiconque ne pratique pas la justice n’est pas de Dieu, non plus que celui qui n’aime pas son frère ». (1 Jean 3.10). « C’est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez ». (Matt 7.20).

L’Église primitive n’était pas parfaite. Mais les premiers chrétiens appliquaient si bien ces principes de la nouvelle vie en Christ qu’ils s’étaient ainsi démarqués du monde – de même que par leur annonce courageuse de l’Évangile – ce qui leur attira presque trois siècles de persécution dans l’empire romain. Cependant, ce sont ces mêmes éléments qui ont attiré effectivement des milliers d’hommes et de femmes à Christ, même si un tel engagement pouvait se terminer par le martyre.

De nos jours, l’on ne peut pas dire que les chrétiens du monde occidental suivent l’enseignement du Christ de manière à les faire remarquer. Alors que la société occidentale s’éloigne des valeurs chrétiennes, il manque en général cet aspect très visible dans la vie des chrétiens. Au contraire, au fur et à mesure que la société se déchristianise, ainsi va la vie de la plupart des chrétiens.

L’idée qui ressort des études sociologiques, c’est que les croyances fondamentales chrétiennes, telles la divinité du Christ, persistent, mais que le comportement chrétien est en pleine érosion. Par exemple, des pratiques religieuses précises sont en déclin : nombreux sont ceux qui croient en Dieu, mais la fréquentation de l’église le dimanche baisse. Beaucoup croient que la Bible est la Parole de Dieu, mais de moins en moins de personnes la lisent régulièrement.

Un sondage fait en 1982 par le Christian Advertising Forum (Forum des Publicitaires Chrétiens) révèle : « Il y a une nette distinction entre le christianisme en tant que système de croyances et de valeurs, et la façon dont ceux qui se disent chrétiens mettent en pratique ces croyances et valeurs dans leur vie quotidienne. Les résultats du sondage indiquent également que les exhortations de l’Évangile à mener une vie fondée sur la Bible et semblable à celle du Christ sont largement ignorées. Les chrétiens américains ont été séduits par les biens et par les opportunités présentées par la vie séculière ».

Le directeur du bureau de la vie familiale des Evêques Catholiques des États Unis a dit une fois que l’augmentation de divorces et d’avortements parmi les catholiques démontrait leur abandon, dans la pratique, des valeurs chrétiennes. Un autre sociologue catholique comparait les familles catholiques américaines avec leurs pairs séculiers en remarquant : « Leurs valeurs sont différentes. Mais pas leur comportement ».

Il apparaît aussi que de nombreux jeunes, même engagés dans l’Église, ne sont pas fidèles aux normes chrétiennes du comportement sexuel.

Les causes de la situation actuelle sont complexes, et les solutions doivent donc être abordées sous plusieurs angles également. De nombreux chrétiens doivent être menés à un engagement plus concret à suivre le Christ, et à une ouverture plus grande à la puissance du Saint-Esprit. Afin de mener une vie chrétienne distincte, les chrétiens doivent être plus engagés les uns envers les autres dans le corps du Christ. De nouvelles approches de soins pastoraux sont également nécessaires.

Mais il est évident qu’une des raisons pour laquelle les chrétiens d’aujourd’hui ne mettent pas en pratique l’enseignement du Nouveau Testament, c’est simplement que les responsables chrétiens ne présentent pas pleinement, ni clairement, la sagesse biblique, et qu’ils ne communiquent pas non plus la façon de mettre en pratique cette sagesse dans la vie quotidienne. Une partie de l’enseignement pratique est bien évidemment communiquée à travers les prédications, les études bibliques, la cure d’âme, etc. dans l’Église locale. Certains aspects sont également communiqués par des émissions de télévision chrétiennes, des journaux et des livres chrétiens. Mais peu d’Églises et de Communautés présentent un programme exhaustif ayant pour but de transmettre la didachè du Nouveau Testament, qui traite de la personnalité spirituelle du croyant, de ses rapports avec les autres, et de tout ce qui s’en suit. Les gens reçoivent un tel enseignement, par bribes, souvent contradictoires et généralement incomplètes.

Ainsi, un élément nécessaire pour ramener le peuple chrétien vers une plus grande fidélité à l’enseignement des Écritures doit donc être une présentation pastorale de cet enseignement, qui est pratique, aujourd’hui. Pour de nombreux responsables chrétiens, cela impliquera d’abord le fait de reconnaître leur responsabilité pastorale dans ce domaine, et une étude plus approfondie de la didachè biblique.

Afin que cela marche

Les responsables chrétiens qui cherchent à transmettre la didachè du Nouveau Testament aux chrétiens confiés à leurs soins auront de nombreux défis à relever. Dans le climat social dans lequel nous vivons, il existe de nombreuses didachè séculières qui sont mises en avant. La télévision et les journaux sont remplis de remèdes égoïstes aux problèmes de la vie. Nos écoles sont des forums ouverts pour une propagande où les vraies valeurs sont axées sur la façon d’aborder les rapports avec les adultes, de choisir une carrière et sur la façon d’aborder la sexualité. Les commérages et la médisance dominent dans nos lieux de travail, qui manifestent également une mentalité « allez-y, vous le méritez ». Cependant, une sage présentation de l’enseignement du Nouveau Testament peut avoir un impact puissant sur les chrétiens qui cherchent à comprendre comment mettre leur foi en pratique dans la vie quotidienne. Nous proposons les conseils suivants aux pasteurs et autres responsables qui cherchent à atteindre un tel objectif :

1. Intégrez la didachè dans l’ensemble de votre œuvre pastorale auprès des chrétiens de votre Assemblée. Ce que je propose, c’est que les responsables donnent à l’Assemblée un programme complet d’enseignement, qui explique fidèlement l’enseignement du Nouveau Testament sur tout ce qui concerne la vie du croyant. C’est l’enseignement du Nouveau Testament qui doit être la norme pour la vie d’un chrétien. Ce dont nous avons besoin, c’est une façon de présenter cet enseignement de manière à aider chacun à vivre en conformité avec la Parole de Dieu. Notre présentation de l’enseignement sur la vie quotidienne, qui doit être complémentaire aux autres éléments de l’œuvre pastorale, est un outil qui doit aider les frères et les sœurs chrétiens à développer une nouvelle façon de vivre.

Si nous voulons aider chacun dans l’Église, chacun dans notre Assemblée, à conformer sa vie aux exigences du Nouveau Testament, nous aurons besoin de structurer notre enseignement de telle manière que tous puissent en bénéficier et recevoir la totalité de cet enseignement. Cette instruction doit être établie comme une étape dans le processus par lequel les nouveaux croyants entrent dans le corps du Christ, dans la Communauté que nous dirigeons.

En tant qu’élément central de la vie de l’Église, l’enseignement pratique sur la manière de vivre est la responsabilité de l’ensemble des dirigeants de l’Église locale. Ce n’est pas une responsabilité facultative qui peut être confiée à ceux qui ont une formation professionnelle d’éducation chrétienne, ou un don pour parler avec efficacité. Les principaux responsables doivent développer cette présentation comme l’un des éléments clés des soins pastoraux, car c’est ainsi qu’ils mèneront tous les membres du corps à vivre d’une façon agréable au Seigneur.

Étant donné que cet enseignement communique les vérités bibliques sur la façon de vivre, et qu’elle émane des responsables de l’Église ou du groupe chrétien, cette présentation a une réelle autorité. Elle établit la norme pour les comportements et les relations les uns avec les autres au sein de la Communauté. Donc, lorsque la question sur la façon d’élever les enfants se pose, ce corps d’enseignement pratique définit les règles fondamentales pour tous les membres. Lorsqu’un différend entre des membres surgit, il existe un enseignement de base reconnu par tous pour résoudre un tel problème (l’obligation de réconciliation, le fait d’aller vers l’autre directement, etc.).

Les responsables ne doivent pas seulement présenter cet enseignement avec toute l’autorité qu’ils possèdent comme communication de la Parole de Dieu. Ils doivent également appeler tous les membres du corps à le mettre en pratique tous les jours, offrant encouragement et exhortation. Bien entendu, si les responsables doivent rappeler aux autres comment mettre cet enseignement en pratique, ils doivent le vivre eux-mêmes, reconnaissant son autorité dans leurs propres vies. Leur propre obéissance à mettre en pratique cet enseignement sur la personnalité et sur les relations les uns avec les autres est essentiel.

 

2. Maintenez l’enracinement de la didachè dans le kerygma. L’enseignement pratique sur la façon de vivre est possible en Christ par la puissance du Saint-Esprit. L’enseignement sur la vie quotidienne repose sur la fondation de l’œuvre de Dieu du salut en Christ, et la réponse des hommes et des femmes au Seigneur.

Ainsi, la première priorité pastorale est de communiquer l’Évangile d’une manière efficace. Il ne sert à rien d’offrir un meilleur enseignement pratique à ceux qui n’ont pas encore répondu personnellement à l’Évangile, ou qui ne manifestent pas grande chose de la présence du Saint-Esprit dans leurs vies. L’approche pastorale du Nouveau Testament, c’est d’exhorter les chrétiens « à marcher d’une manière digne de la vocation qui vous a été adressée ». Si quelqu’un n’a pas encore répondu à l’appel du Christ, notre présentation de la didachè pourra devenir un appel à une manifestation de volonté personnelle, une exhortation à mieux faire, voire même une manipulation des personnes par le sentiment de culpabilité. Sans engagement personnel envers le Christ, et la puissance du Saint-Esprit, la motivation et les moyens pour mettre cet enseignement en pratique dans la vie feront défaut. Et, à moins que les chrétiens continuent à être nourris par les vérités fondamentales de la foi, ils auront de plus en plus de mal à mettre cet enseignement en pratique dans la vie quotidienne.

De plus, nous devrions garder en vue le fait que la didachè est en elle-même une bonne nouvelle, car elle est la sagesse de Dieu sur la façon de vivre qui est réellement efficace. Nous en avons tous, sans doute, fait l’expérience et pouvons attester qu’une telle affirmation est vraie. Je pourrais personnellement démontrer comment la compréhension d’un principe biblique a rendu ma vie plus paisible et plus productive.

3. Présentez un programme d’enseignement pratique sur la façon de vivre. Pour que notre enseignement sur le comportement et des rapports soit utile, il doit être concret et pratique. Les chrétiens de nos Communautés n’ont pas seulement besoin d’entendre qu’ils doivent s’aimer les uns les autres, être fidèles, maîtriser leurs sentiments, résister au diable, contrôler leur langue, etc. Ils doivent aussi savoir ce que signifie vraiment un tel enseignement. Que doivent-ils faire chaque jour ? De quelle manière une personne met-elle ces vérités en pratique dans sa vie ? Si notre présentation est imprécise, ou sert uniquement d’encouragement spirituel, il sera un échec. En tant que responsables, avec un soin pastoral, nous avons nous-mêmes besoin d’une compréhension très claire de l’enseignement biblique, pour pouvoir indiquer aux autres où ils réussissent dans son application pratique, et où ils ont besoin de progresser encore. Et les gens que nous instruisons ont également besoin de pouvoir enseigner, eux aussi, ces mêmes vérités.

Notre présentation doit aider les gens à appliquer l’enseignement du Nouveau Testament aux différentes circonstances de leur vie. Pour dire la même chose d’une autre manière, les gens ont besoin d’instruction pour pouvoir conformer leurs rôles et leurs responsabilités aux desseins de Dieu. Les enfants doivent apprendre comment réagir face à leurs parents, et face aux autres adultes. Les jeunes doivent apprendre la perspective chrétienne sur la direction que doit prendre leur vie, et comment choisir un conjoint. Les maris et les femmes doivent apprendre comment servir l’autre, et servir leurs enfants dans le cadre de leurs rôles respectifs. Les Écritures nous donnent des principes et des modèles dans ces domaines, que nous devons comprendre et transmettre aux autres.

4. Enseignez à partir des Écritures, et recherchez des présentations approfondies de l’enseignement biblique. À travers les siècles, les chrétiens ont puisé directement des Écritures l’enseignement pratique sur la façon de vivre. Même s’il peut être utile de résumer et de présenter une synthèse de la didachè biblique, c’est la Parole de Dieu elle-même qui est la plus efficace dans l’enseignement. Traditionnellement, les livres de sagesse de l’Ancien Testament ont été largement utilisés, et, bien évidemment, l’enseignement pratique sur les qualités de la personnalité et les principes fondamentaux qui gouvernent nos relations les uns avec les autres dans le Nouveau Testament sont importants également.

Il peut être utile de rechercher des séries de livres et de cassettes produites par d’autres responsables chrétiens, qui présentent leur conception sur la façon de communiquer l’enseignement biblique, et qui apportent en outre de sages conseils sur la mise en œuvre des soins pastoraux.

Donner une instruction biblique pratique sur le mode de vie chrétienne est utile non seulement dans le but d’aider des individus, mais aussi afin que chacun puisse vivre davantage en harmonie avec le modèle que Dieu a voulu pour l’humanité. Nous devons viser au-delà de l’aide que nous pouvons apporter à nos frères croyants, de façon à ce qu’ils puissent mieux marcher avec le Seigneur dans les circonstances particulières de leur vie. Car la vie chrétienne n’est pas individualiste, nous faisons en effet tous partie d’un même corps. Nous devons donc travailler davantage à la façon dont nous construisons ensemble nos vies dans l’Église. Une très grande partie de l’enseignement pratique du Nouveau Testament concerne notre façon de vivre ensemble, et une même façon de vivre : « Portez les fardeaux les uns des autres. Aimez-vous d’un amour fraternel. Instruisez-vous et avertissez-vous réciproquement, en toute sagesse, par des psaumes, des hymnes, des cantiques spirituels ». C’est donc sur cette dimension plus large de la vie chrétienne ensemble que nous nous concentrons maintenant.

« Une façon de vivre particulière » de Kevin Perrotta. Chapitre sept de Leading Christians to Maturity, édité par John C. Blattner, (1987. The Alliance for Faith & Renewal. Reproduit avec autorisation de Faith & Renewal (Auparavant Pastoral Renewal).

 

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